Mon Ami 6, et autres Citroën

5.12.06

Opération anti-fuite: un franc succès



Eh bien voilà c'est fait! La GSA a des joints tout neuf, elle roule bien mieux qu'avant, et moi j'ai toujours les ongles en deuils, 3 jours après la fin des hostilités.
Car, il faut bien l'avouer, le week end bucolo-mécanique a bien tourné, comme je l'imaginais, au stage commando éreintant.
Tout commença donc vendredi soir. Je récupérai Broutard vers 21h00, après avoir galopé pour d'ultime emplettes -1 litre de liquide hydraulique, un radiateur électrique. Nous filâmes en Opel Kadett, y a pas de honte, sur l'A13, direction le Perche, près de La Ferté Vidâme.
Arrivé à 23h00, ledit Broutard décida qu'on ne pouvait pas attendre le lendemain. J'avais à peine ouvert la porte et commencé à vider la voiture qu'il était déjà en train de tripoter de la manivelle pour faire démarrer l'élue de mon mon porte monnaie, opération réussie qui lui procura une joie indicible. Ca fait toujours plaisir à voir. En deux temps trois mouvements, il déshabilla l'avant de la GSA, genre sans regarder où il mettait les mains, tout à l'aveuglette, sans hésitation..Bon, y a pas à dire, je me suis pas trompé de bonhomme, il connaît son affaire.. 0h30, le moteur était près à être déposé. Je mis un peu le holà, direction dodo...
Samedi, 7h45, je constate de visu que le Broutard déjeune effectivement de pâté, de fromage, de beaucoup de pain et d'un verre d'eau. Plus tard dans la matinée, je découvrirai le secret de sa force: le 2X25,5 pas trop dilué, après une petite bierrette vers les 10h00. J'apprends aussi que le garçon, de 21 ans, a horreur d'avoir froid aux pieds, il a apporté ses bottes fourrés, et, malgré la température clémente, réclame un radiateur. Plus tard, je devrai reconnaître que c'était bien agréable de se réchauffer près de l'infrarouge, surtout après 16h00 de boulot quasi non stop....
Commença donc la dépose du moteur, 50kgs chacun à bout de bras, un gros "bourrin" à hisser sur l'établi. Ensuite, Philippe m'assigna une tâche somme toute assez simple: "tu vois, le compartiment moteur, de là à là (me désignant successivement le bord gauche et droit), tu nettoies. N'oublie pas le capot". Autant dire que j'ai pas arrêté de faire la vaisselle toute la journée, les mains plongées dans l'essence vite devenue noire et épaisse, récoltant la graisse en croûte sur le tournevis avant de tout nettoyer aux chiffons (noter le pluriel). J'ai même dû sacrifier un de mes vieux t-shirt, ayant épuisé un drap entier! A cette occasion j'ai appris que, pour se volatiliser, l'essence se sert de la chaleur de notre corps, ce qui procure cette sensation très particulière de froid lorsqu'on plonge les mains dedans, m'expliqua Dr Philippe, jamais avare d'anecdotes, d'informations et de conseils pour parfaire ma très rudimentaire éducation mécanique..
Pendant ce temps, lui ne chômait pas. Pour les connaisseurs: en 16h00 de travail, le samedi, il a refait l'étanchéité complète du moteur (échappement, radiateur d'huile, reniflard, cache culbuteur, joints spi, changement manocontact d'huile).
Pendant ce temps, je frottais, je frottais, un peu shooté par les vapeurs d'essence et, je dois l'avouer , par quelques verres de 2X25,5 que Philippe prodiguait avec autant de volubilité que ses conseils.
Ma seule distraction fut l'expédition à Longny pour y chercher deux trois choses qui manquaient(une pizza, un filtre à essence, du pain, de l'antirouille), et pour laver à la station haute pression le radiateur d'huile et la jupe avant (oui, je dois l'avouer, j'ai regardé dessous). Je me suis d'ailleurs pris une belle douche de saleté, j'en avais partout dans les cheveux.
Retour sur le chantier des opérations. Allez, on remonte le moteur: pas facile, c'est lourd, il faut viser juste, connaître le bon mouvement. Philippe connaît. Il dit "c'est bon!" avant même que je réalise que le moteur s'emboîte dans la cloche d'embrayage ( ben oui , j'ai un peu de vocabulaire maintenant).
Après une pause dîner devant un feu de cheminée SVP, on n'est quand même pas des chiens, on est reparti, là, c'était dur de se motiver. Mais à 23h00, je connus le frisson du redémarrage, réussi, quasiment du premier coup. On fête ça. 23h30, complètement à la ramasse, je quittais les lieux de l'opération, mais je pense que Philippe était assez naze aussi, malgré ses 20 ans de moins...
dimanche matin, c'est grasse mat', on se lève à 8 heures... Une fois dans l'atelier, je dois me résoudre à replonger les mains dans l'essence pour nettoyer la jupe (ben oui, à la station, j'ai pas choisi le programme "mousse", alors bon, je frotte), et deux trois bricoles qui vont être remontées. Pendant ce temps Philippe invente un système avec une sangle pour remonter l'échappement, après un premier remontage trop lâche. Je passe de l'antirouille là où il faut, et hop, remontage de la face avant, phares, clignotants, j'essaie de participer car je sais que je devrais le refaire un jour ou l'autre. Philippe donne de grand coup de tatanes dans la jupe pour la caler comme il faut. Physique, comme activité.
Une vidange moteur, et à nous les grands espaces percherons! Sous une pluie battante, nous partons essayer la voiture, Philippe au volant. Nous avons fait à peine 300 mètres que la vitre gauche se casse la figure...Rien de grave..Direction la quatre voies, ça roule, même bien.
Petite pause bierrette à Tourouvre, et retour par les petites routes, c'est moi qui conduis, et Philippe me conseille de pousser un peu plus les vitesses, ce qu'il faut faire sur cette voiture. Moi qui suis du genre conduite pépère, va falloir que je m'adapte. Après une vidage boîte et liquide hydraulique, la voiture est fin prête...a rester là...Par commodité et parce que je n'ai pas vraiment la place pour la ramener à Paris, je referme les portes du garage sur la GSA et sur ce week end mémorable, et plutôt sympa, avec la satisfaction d’avoir fait ce qu’il fallait. 3elle est repartie pour 100 000 » m’assura Philippe. Je veux bien le croire..
C'est lundi que j'ai compris à quel point tout cela m'avait fatigué, je me suis traîné toute la journée.
Cela n'empêche pas qu'on va remettre ça en 2007. Ben oui quoi il vont pas se changer tout seul les soufflets de cardan, les plaquettes de frein arrière, les vérins de hayon, les....etc, etc,etc..

2 Comments:

  • Bravo pour le Koh-Lantah dans le Perche, il fallait le faire, il l'a fait, ils l'ont fait, et comme le dirait Humphrey Bogart quelque part au Maroc, "je crois bien que c'est le début d'une grande amitié"...

    By Anonymous Anonyme, at 6:57 PM  

  • Il t'as éreinté le p'tit jeune ! Comment peut-on être aussi motivé pour se lever aux aurores pour mettre les mains dans la graisse ? ...
    Steph a étudié les photos avec soin et on s'est régalés de ton récit croustillant. A quand la suite toi tout seul devant les pistons à remonter, ouarf !
    Belle performance en tous cas, bravo à vous deux.

    By Blogger Emma & Steph, at 8:12 PM  

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